Pic de pollution : huit questions pas si bêtes que vous vous posez sur votre santé
25 janvier 2017

Peut-on pratiquer une activité physique ? Faut-il aérer son intérieur ? Doit-on porter un masque ? Réponses du pneumologue Bruno Housset.

Nous vivons un épisode de pollution « exceptionnel par son ampleur géographique », selon l’Institut national de l’environnement industriel et des risques. Une large partie de la France mais aussi le Royaume-Uni, la Belgique, l’Allemagne et plusieurs pays d’Europe centrale font face à un pic de pollution qui doit se prolonger au moins jusqu’au mercredi 25 janvier. En cause, le trafic routier, l’industrie, l’agriculture, et des conditions météorologiques défavorables : le froid, qui entraîne une surconsommation du chauffage résidentiel, et l’absence de vent, qui empêche la dispersion des particules polluantes.

Face à ce phénomène, vous nous avez posé des questions sur les bons comportements à adopter pour se protéger. Franceinfo les a transmises au professeur Bruno Housset, chef du service de pneumologie au Centre hospitalier intercommunal de Créteil (Val-de-Marne) et vice-président de la Fondation du souffle. Voici ses réponses.

Faut-il aérer son intérieur ?

Oui, il est conseillé d’aérer son domicile car il existe une pollution intérieure. Elle peut être « quelquefois supérieure à la pollution extérieure », prévient Bruno Housset. Pour renouveler l’air, il est conseillé de le faire à un moment où la pollution est moindre, lorsque les particules sont moins denses – en général, tôt le matin ou tard le soir. Vous pouvez aussi vous informer sur l’évolution de la qualité de l’air : il existe des applications pour smartphones (comme celle d’Airparif ou encore Plume Air Report) qui donnent l’évolution en temps réel de la pollution mais aussi les prévisions pour les heures à venir.

Peut-on quand même faire du sport ?

Aller faire son jogging dehors et faire du sport en extérieur est déconseillé. « Avec l’activité physique, il y a une augmentation de la ventilation, donc une augmentation des polluants qui vont être en contact avec l’organisme. Cela favorise les inflammations ou un passage dans le sang », explique le pneumologue. En revanche, pratiquer une activité sportive en salle n’est pas strictement déconseillé. « Toutefois, lors des pics de pollution, il est peut-être préférable d’éviter les efforts », souligne Bruno Housset.

Peut-on continuer de se déplacer en vélo ?

Comme pour les activités sportives en extérieur, le vélo est plutôt déconseillé par les spécialistes lors des pics de pollution. En dehors de ces périodes, le professeur Bruno Housset rappelle qu’il existe des études « qui montrent que le bénéfice lié à l’activité physique est supérieur au risque associé à la pollution ». Le Monde ajoute qu’il est conseillé de « pédaler à un rythme modéré pour éviter l’hyperventilation et donc l’inhalation excessive de polluants ».

Faut-il porter un masque ?

Non, ce n’est pas utile selon les experts car le pouvoir filtrant des masques proposés dans le commerce n’est pas suffisant. « Cela laisse passer les gaz et les particules les plus fines », résume le chef du service de pneumologie du CHI de Créteil.

Que faire lorsque l’on est une femme enceinte ?

L’Agence régionale de santé invite les femmes enceintes à être prudentes pendant un pic de pollution, car elles font partie des personnes les plus vulnérables. Cela signifie surtout d’éviter les activités physiques et sportives intenses en plein air ou en intérieur. Les femmes enceintes peuvent aussi reporter leurs activités qui demandent des efforts.

Quels sont les effets pour un enfant asthmatique ?

« On n’a pas le mot ‘pollution’ marqué sur le front », explique le professeur Bruno Housset. Par conséquent, « difficile de savoir si c’est en rapport avec la pollution ou en rapport avec une infection virale, comme la grippe… » Toutefois, un pic de pollution « favorise une poussée de la maladie asthmatique ». « Il y a un lien entre pic de pollution et venue aux urgences pour asthme », confirme Jocelyne Just, pneumologue à l’hôpital pédiatrique Trousseau à Paris, interrogée par France InterLe professeur Bruno Housset encourage à « respecter les traitements et ne pas hésiter à consulter son médecin traitant pour décider d’une augmentation des doses du traitement ».

Est-on protégé lorsque l’on vit à la campagne ?

Non, car le phénomène de pollution actuel s’étend jusque dans les régions rurales. « Il n’y a pas de frontières à la pollution », rappelle Bruno Housset. Actuellement, c’est donc toute une partie, urbaine et rurale, du territoire français qui est touchée. Par ailleurs, les zones rurales sont aussi concernées par des pollutions liées aux pesticides ou aux engrais qui peuvent s’ajouter au phénomène actuel.

L'évolution de la pollution aux particules fines fin janvier 2017
L’évolution de la pollution aux particules fines, fin janvier 2017. (PREV’AIR / FRANCEINFO)

Les plantes dépolluantes sont-elles efficaces ?

Le concept des plantes dites dépolluantes peut sembler séduisant mais « c’est inefficace », affirme le professeur Bruno Housset. Il rappelle toutefois que la végétalisation reste positive car les plantes peuvent absorber une partie de la pollution en intérieur.

 

 

 

Source: http://www.francetvinfo.fr